BNB au Bouthan

Au Bhoutan, le bonheur brut est serein malgré les nuages

extrait de l'article de reporterre du 11 02 2017 :

Il y a quarante ans, c’était un pays fermé, sans route, hôtel, téléphone, ni monnaie nationale. Le revenu par habitant (2.370 dollars, contre 1.590 dollars en Inde) est, aujourd’hui, l’un des plus élevés d’Asie, l’éducation et la santé y sont entièrement gratuites, et l’espérance de vie à la naissance y a enregistré, en quelques décennies, une rapide progression (70 ans en 2017, contre 50,1 ans en 1987).

La singularité de cet État enchâssé entre l’Inde et la Chine ? C’est sans doute le seul pays au monde à avoir inscrit le bonheur au cœur des politiques publiques. « Si le gouvernement ne parvient pas à créer le bonheur et la paix de ses habitants, il ne mérite pas d’exister », insistait, dès 1729, le code légal du royaume.

Repris dans les années 1970 par le quatrième roi, Jigme Singye Wangchuck, le concept du bonheur national brut s’est, peu à peu, institutionnalisé. La Constitution adoptée en 2008, lors de l’avènement de la monarchie constitutionnelle, a sanctuarisé ces principes. Au début des années 2000, le Centre d’études bhoutanaises, le think tank national, a concocté un indice du Bonheur national brut comportant par moins de 9 domaines, 33 indicateurs et 124 variables. L’objectif ? Modéliser une vision alternative du développement, fournir des indicateurs permettant d’orienter les politiques publiques et mesurer les différents états de bonheur. Une personne est ainsi considérée comme heureuse dès lors qu’elle atteint un seuil de suffisance dans six des neuf domaines qui composent l’indice du BNB : niveau de vie, santé, éducation, utilisation du temps, résilience écologique, bien-être psychologique, vitalité communautaire et résilience culturelle.