PIB

le PIB ou valeur ajoutée

ces lignes sont tirées de cette page sécu, retraites ... du site pour une démocratie directe locale.

la richesse produite ou P.I.B.

Dans chaque pays, des services gouvernementaux calculent chaque année la "richesse produite" par le pays. En France, c'est l'INSEE qui se charge de ce calcul.

Cette "richesse produite dans l'année" est définie officiellement par : - la somme de tout ce qui a été vendu par le pays dans l'année (sur le territoire et hors territoire) - moins ce qui a été acheté pour réaliser cette production. Par exemple : si on vend une voiture 10.100 €, mais qu'il a fallu acheter pour 100 € de pétrole pour la produire la richesse va augmenter de 10.000 €.

En jargon économique, cette richesse produite s'appelle P.I.B. (Produit Intérieur Brut) ou "Valeur ajoutée" ; c'est en quelque sorte l'argent encaissé par le pays dans l'année après avoir payé ses fournisseurs.

Que fait-on de cet argent ?

Le partage du gâteau : Travail, Capital et Investissement

Pour ce qui nous intéresse :

1.    Une partie est versée aux salariés, soit directement sous forme de salaire, soit indirectement sous forme de prestations sociales (Sécu, retraites, allocations familiales, ...).
C'est ce qu'on appelle la part " Travail " dans le P.I.B., car cela rémunère directement ou indirectement le travail des personnes.

2.    Le reste revient aux propriétaires des entreprises (actionnaires, sociétaires, ...). C'est ce qu'on appelle la part " Capital " dans le P.I.B., car cela rémunère l'argent investi, comme le fait un intérêt lors d'un placement financier.

Toutefois, les propriétaires des entreprises vont généralement utiliser une partie de leur rémunération pour maintenir l'outil de production (remplacer des machines usées, par exemple), voire le développer (acheter de nouvelles machines ou des brevets pour produire plus efficacement, par exemple).
Une partie de la part "Capital" va donc être déduite du revenu des propriétaires : l' Investissement.

En résumé :
La richesse produite par un pays en une année est le P.I.B. ou Valeur ajoutée
Cette Valeur ajoutée est distribuée en :

1.    Une part Travail   versée directement (salaire) ou indirectement (prestations sociales) aux salariés

2.    Une part Capital qui revient aux actionnaires ou sociétaires, mais dont une partie est dépensée en Investissement ; le solde leur est versé sous forme de dividendes, par exemple.

 L'évolution des parts du gâteau

On en vient au cœur de la question, illustré par la figure ci-dessous, qui montre comment a évolué la distribution de la valeur ajoutée :

33304a evolution du artage de la richesse produite 1

 Même sans avoir une très bonne vue, on se rend compte qu'entre 1980 et 2000, 10 % du P.I.B. est passé de la poche des salariés à celle des propriétaires d'entreprises.

On peut remarquer aussi que ces 10 % ne sont pas utilisés pour investir (la part investie n'a pas varié), mais augmentent simplement la rémunération des propriétaires d'entreprises.

Ces 10% représentent environ 160 milliards d'euros chaque année... largement de quoi financer le "trou de la Sécu", le déficit supposé des retraites, celui de l'assurance chômage, l'amélioration de nombreuses aides ... et bien d'autres choses.

Les chiffres ont été arrondis pour faciliter la lecture, mais le résultat final est bien celui-là (voir plus loin un graphique plus précis de cette évolution).

Economiquement, il suffirait donc de revenir à un partage de la richesse produite équivalent à celui de 1980 pour que le financement des prestations sociales devienne une question sans objet.

Notons aussi qu'un changement dans ce partage modifie seulement la répartition des revenus, mais ne modifie en rien le prix de ce qui est vendu ; la compétitivité des entreprises souvent invoquée n'est donc absolument pas influencée par un tel changement.

Il ne faut pas pour autant tirer de conclusions individuelles à partir de ces constats globaux. Il existe évidemment de grandes disparités dans les revenus salariaux, mais il en va de même dans les revenus du capital : bon nombre de propriétaires de petites entreprises ont bien du mal à "joindre les deux bouts", alors que des propriétaires de grandes entreprises (souvent des actionnaires) reçoivent de plantureux dividendes. 

Le niveau juste de répartition entre Travail et Capital est certainement discutable à l'infini, mais une chose est sure : aucun actionnaire ne faisait la mendicité dans les années 80 !

 Comment cette évolution s'est-elle faite ?

33304b part distribuee au travail dans la valeur ajouee

Le graphique ci-dessous montre comment a évolué la part Travail dans la valeur ajoutée au cours des dernières décennies, la part Capital ayant évidemment évolué en sens inverse puisque la somme des deux fait 100 %.

On voit que la part Travail augmentait entre 1970 et 1982 (en fait depuis 1960), puis qu'elle n'a cessé de diminuer, pour atteindre vers 1985 un niveau inférieur à celui de 1970 ... et continuer à descendre.

Le changement de répartition ne s'est donc pas fait brutalement, mais progressivement sur une durée d'environ 20 ans.

De plus, plusieurs facteurs ont concouru à provoquer cette évolution.

 

Premièrement, comme on le disait à l'époque dans les médias, une "modération salariale", ce qui revient à dire une augmentation des salaires moins élevée que l'augmentation du PIB.
Ceci a au moins 2 effets : bien évidemment, réduire le salaire direct et les cotisations salariales alimentant les organismes sociaux, mais aussi réduire les cotisations patronales, en grande partie calculées sur le salaire.
Tout cela a concouru à faire baisser la part Travail, et donc à augmenter la part Capital.

Deuxièmement, des changements dans la fiscalité visant à "alléger les charges des entreprises" : réduction de certains taux de cotisations patronales, réduction de l'impôt sur les sociétés, ...
Ceci fait donc augmenter la part Capital.

Troisièmement, l'équilibre financier des organismes sociaux devenant incertain, certaines prestations ont été réduites (remboursement de Sécu, allocations chômage, ...), ce qui revient à diminuer la part (indirecte) Travail.
Ces mesures ne suffisant pas, de nouvelles cotisations ont été créés, mais dont la part salariale était plus importante que la part patronale, contribuant encore à baisser la part Travail.

Quatrièmement, l'"optimisation fiscale" étant devenue plus facile pour les entreprises multinationales, certaines n'hésitent pas à profiter des infrastructures collectives du pays mais ne veulent pas contribuer à leur financement et font apparaître leurs bénéfices dans un pays où l'impôt est moins élevé.
Ceci fait sous-évaluer le PIB et la part du Capital (puisque ces bénéfices ne sont pas comptabilisés), mais surtout est un manque à gagner pour le financement de ces infrastructures ... qui doit être assuré par les autres.

 Quelques remarques complémentaires

Le P.I.B., mesurant la richesse produite, a été présenté de façon simple plus haut. En réalité, son calcul est complexe ; par exemple :

•   Si une entreprise française fabrique des tôles et les vend à une autre entreprise française qui les transforme en boîtes à outils qu'elle vend, il ne faut tenir compte dans le P.I.B. que de la valeur des boîtes à outils, pas des factures de tôles. Par contre, si les tôles sont vendues à des particuliers pour le bricolage, elles doivent être comptabilisées dans le P.I.B.

•   Un agent de l'Etat ne facture rien aux usagers, mais il produit de la richesse (le service rendu) ; cette richesse est valorisée à son salaire et entre donc intégralement dans la part Travail.

Tout ce qui a été dit précédemment s'appuie sur les règles économiques "officielles", pratiquées dans les grands organismes nationaux et internationaux.
Mais ces règles sont tout à fait contestables, et de plus en plus contestées par bon nombre d'économistes notamment. Par exemple, le P.I.B., censé mesurer la richesse produite :

 

•   ignore le travail bénévole : des cours donnés gratuitement ne constituent pas une richesse ; ces mêmes cours facturés sont une richesse

•   compte de la même façon la construction d'une nouvelle maison et la reconstruction d'une maison détruite par une explosion

•   un accident de la route augmente le PIB (nouvelle voiture, assurance, hôpital, ...)